Umberto Bossi n'a pas eu besoin des sociologues pour comprendre que sa Ligue du Nord venait de pêcher aussi, là où elle avait des candidats, au nord de l'Italie, dans l'électorat traditionnel de la gauche. "Nous sommes le parti des ouvriers", a-t-il lâché, dès lundi 14 avril après-midi, alors que personne ne prévoyait encore l'avalanche de voix pour son parti. Le "Senatur" avait humé ce qui couvait en parcourant en long et en large la Lombardie et la Vénétie. Le retour de la Ligue ne s'explique pas qu'avec le vote de protestation ou la peur des immigrés. La preuve, le vote des villes à forte présence ouvrière comme dans la province de Vicence, en Vénétie : Schio, où le parti obtient 25 %, Valdagno, 30 %, San Pietro Mussolino, où il frôle les 50 %.Grâce à la Ligue qui y double ses suffrages, passant de 5 % à 10 %, la droite parvient même à conquérir l'électorat de Sesto San Giovanni, une ville de la banlieue milanaise connue par le passé comme la "Stalingrad d'Italie". Pour la première fois, elle parvient aussi à obtenir d'excellents scores même dans des régions "rouges" comme la Ligurie et la Romagne. "NOUS REPRÉSENTONS LE TERRITOIRE" La Ligue ouvre la voie à la victoire de la droite au Nord en la devançant dans beaucoup d'endroits. A Cittadella, au nord de Vicence, où le maire, membre de la Ligue, avait pris un arrêté pour refuser les étrangers démunis, elle obtient 42 %.Dans les deux grandes régions du Nord, la Lombardie et la Vénétie, elle fait jeu égal avec le rassemblement de M. Berlusconi, le Peuple de la liberté (PDL). Dans la deuxième circonscription lombarde, elle obtient 27, 8 % à la Chambre des députés, contre 31,3 % au PDL, en Vénétie 28,2 % dans la 1re circonscription contre 27,1 % au PDL, 25,4 % dans la deuxième, contre 27,8 %. A Milan, le mouvement d'Umberto Bossi revient à des résultats à deux chiffres : 12,3 % des voix à la Chambre. Pour Roberto Maroni, bras droit du "Senatur", possible ministre de l'intérieur, "il faut arrêter de parler de vote de protestation, si nous obtenons ce genre de score, c'est que nous représentons le territoire". D'où sa capacité d'attirer hors du clivage droite-gauche. Les experts électoraux confirment. La Ligue a attiré des électeurs en captant le malaise du Nord. Le tsunami de droite y a été d'une telle force qu'il a emporté l'un des rares hommes de gauche à savoir parler au Nord, le président sortant de la région Frioul, Riccardo Illy, l'entrepreneur de la célèbre marque de café, qui avait gagné cette région de droite il y a cinq ans. *FONT LE MONDE
Font: Redacció
Autor: Redacció











Radio en directo


